L’effectuation est-elle la théorie ultime en matière d’entrepreneuriat ?

L’effectuation, est  un principe d’entrepreneuriat qui amène à avancer à partir de ce qu’on peut faire et pas à partir d’hypothèses sur ce qu’on doit faire. Si démarrer son projet selon une logique d’effectuation est pragmatique et efficace, le parcours de l’ entrepreneur nécessitera ensuite de puiser dans d’autres boîtes à outils plus prévisionnelles et structurantes.

L’efficacité de l’effectuation

La théorie de l’Effectuation, issue des travaux de Saras Sarasvathy a été très bien partagée par  Philippe Silberzahn à L’EM Lyon, dans le MOOC effectuation. La méthode présentée dans ce MOOC a des points de convergence avec celle du Lean startup. Elle contribue à inciter l’ entrepreneur à ajouter et construire son modèle de façon agile.

La méthode d’effectuation fait tomber des mythes autour de l’ entrepreneur pour « donner envie » d’entreprendre, à chacun. Certains enseignements m’ont paru très inspirants. Par exemple la notion selon laquelle l’entrepreneur n’est pas un surhomme :

  • il aime rarement le risque mais sait ce qu’il est prêt à risquer.
  • il n’a pas toujours une grande vision, mais commence par une idée simple, puis l’enrichit.
  • il anticipe et prévoit peu, il avance modestement et sait rebondir face aux surprises.
  • il réussit rarement seul mais en « embarquant » des gens autour de lui.

La méthode proposée, est particulièrement efficace pour démarrer un projet d’innovation et le rendre viable.

L’effectuation c’est pour tout le monde ?

… ou planifier ce qu’on pourra faire?

J’ai constaté en accompagnant des entrepreneurs, qu’ils ne sont pas égaux devant le besoin d’anticipation. Un entrepreneur de profil pragmatique va facilement démarrer et enclencher un projet dans un contexte flou, s’adapter et réagir. Un profil plus technicien ou scientifique, aura besoin de documenter à minima sa vision pour pouvoir la défendre.  Ce qui ne le rend pas inapte à entreprendre.

Quand utiliser l’effectuation et jusqu’où ?

De plus, les contextes marché se prêtent plus ou moins aisément à la co-création ouverte et à l’open innovation. Les marchés sensibles, les entreprises ayant eu de mauvaises expérience de PI par exemple. Certains projets démarrent en co-création et se noient dans les débats et conflits sur la répartition de la valeur quand le business pointe son nez… Le réveil est parfois douloureux et sujet de frustrations, si ces questions n’ont pas été traitées dès le départ.

Enfin, après la phase de démarrage, quand il s’agit d’accélération, le passage par la structuration des équipes, l’anticipation et la planification est nécessaire. L’ entrepreneur utilisera alors des démarches d’études, de planification, de contractualisation et d’autres outils structurants.

Il arrive également que l’innovation se banalise. Il s’agira alors de bâtir des plans d’actions pour garder son avance quand l’innovation se banalise. Faire vivre l’entreprise dans la durée nécessitera forcément de doser entre agilité et structuration.

Crédits photos: https://marathons.world/course/93416/irreduc-trail-de-cazeres http://www.autourdutrail.com

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