Quelles sont les meilleures mauvaises raisons d’innover ?

Les entreprises se lancent-elles dans l’innovation mues par une stratégie 100% business et une vision de l’avenir prophétique ou pour d’autres raisons moins avouables? Quelles sont les meilleures mauvaises raisons d’innover?

Faisons connaissance avec la « danseuse du patron »

Derrière cette expression qui fleure bon le XIXe siècle, se cache une réalité. La tentation pour un dirigeant d’innover sur ce qui le fait vibrer. Il a des sujets qui le passionnent, plus ou moins liés à l’activité de l’entreprise.

« Le pays d’avenir c’est l’Australie ». « je veux relancer la fabrication des couteaux d’origine de mon grand-père ». « il faut développer nos services dans le monde du rugby ». « Je veux qu’on fasse de la construction d’urgence pour les ONG ». « on va développer un logiciel qui aide les musiciens à composer…».

Une technologie de rupture, un pays, la musique, le sport, une cause humanitaire, une histoire familiale… Il peut être tenté d’explorer l’un de ces sujets et d’y consacrer du temps et des ressources. S’il parvient à « embarquer » l’équipe, des partenaires et des clients avec un modèle reproductible dans cette direction, c’est gagné.

Mais parfois, l’équipe est dubitative et l’exprime. De plus, les partenaires et clients montrent une sympathie de bon aloi, mais ne rebondissent pas sur le sujet. Le projet, malgré le temps et les moyens, ne dépasse pas le stade du client-pilote-ami. il sera alors utile de lui mettre une « limite ». Ou encore, il faudra développer un projet indépendant qui n’impactera pas l’activité actuelle.

Un « os à ronger » pour des équipes hyperactives

Mes équipes m’épuisent. Ce sont des créatifs toujours en veille sur les dernières nouveautés, toujours prêts à zapper d’un projet à l’autre. Ce sont des ressources précieuses pour développer les nouveaux produits, trouver vite des solutions aux problèmes des clients. Ils sont aussi un moteur pour ne pas perdre mon avance en innovation. Par contre, nous ne sommes pas toujours en phase de développement de nouveaux produits et ils risquent de s’ennuyer, de se démobiliser et je peux les perdre.

Mettre l’innovation sur le tapis « occupe » des esprits vifs. Cela leur procure un terrain de jeu et un champ d’expression. Il est même possible de leur lâcher la bride et les laisser déborder des sujets habituels. Ce réservoir d’idées et de projets sera une source d’inspiration. Attention toutefois à ne pas trop leur promettre. Si on laisse un champ très ouvert à des équipes créatives, elles peuvent être déçues que les idées ne se transforment pas. L’espace laissé à l’innovation doit être proportionné au tempo de votre activité.

L’opportunisme : innover pour tendre la voile dans le sens du vent

Bien sûr, la tentation peut-être aussi de « choisir » son territoire d’innovation en fonction des sujets « bankables » en termes de financements ou en termes de visibilité médiatique. Qui n’a pas reçu des offres de formation au passage à la RGPD? Qui travaille dans l’habitat et n’a pas essayé d’obtenir un label qui permettra au client d’avoir des subventions pour la rénovation de sonlogement ?

Ces tactiques et autres «quick win » sont légitimes pour booster ponctuellement une stratégie commerciale. Ils peuvent être plus dangereux s’ils amènent à faire des choix techniques radicaux. Ou des choix de modèles d’offre et de distribution couteux qui deviendraient caduques rapidement.

Soyons honnête, les mauvaises raisons d’innover au départ peuvent devenir une vraie dynamique. C’est de fait possible si l’ensemble des partenaires y adhèrent et que le projet trouve des débouchés récurrents. Il faut par contre veiller à ne pas s’entêter sur un projet qui impacterait les ressources ou décrédibiliserait la société.

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